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Vérifier une boutique en ligne avant d'acheter : la checklist
Mentions légales, SIREN, âge du domaine, CGV, paiement, avis clients : les vérifications concrètes à faire avant de commander sur un site marchand inconnu.
Mis à jour le 30 octobre 2026
Un site marchand soigné ne prouve rien. Une boutique sérieuse se reconnaît à des éléments vérifiables : une entreprise identifiable, un nom de domaine cohérent, des conditions de vente lisibles, des moyens de paiement protecteurs et des avis dont on connaît l’origine. Voici la liste des contrôles à faire, dans l’ordre, avant de confier votre numéro de carte à un site que vous ne connaissez pas.
1. Identifiez l’entreprise derrière le site
Tout éditeur professionnel d’un site doit publier son identité (loi pour la confiance dans l’économie numérique, article 1-1). Les mentions légales doivent indiquer :
- pour une société : la dénomination, l’adresse du siège, un numéro de téléphone, le numéro d’inscription (RCS ou RNE) et le capital social ;
- pour un entrepreneur individuel : son nom, son prénom, son domicile ou son adresse de domiciliation, un téléphone et son numéro d’inscription ;
- le nom du directeur de la publication et les coordonnées de l’hébergeur.
Le numéro de TVA intracommunautaire figure « le cas échéant » : une petite entreprise en franchise de TVA peut ne pas en avoir. En revanche, un site sans nom d’entreprise ou sans adresse ne respecte pas la loi (amende jusqu’à 75 000 euros pour un entrepreneur individuel, 375 000 euros pour une société) : n’achetez pas.
Notez ensuite le numéro SIREN (9 chiffres) et vérifiez-le. L’Annuaire des Entreprises de l’administration permet de chercher par SIREN, SIRET, nom ou adresse. Vous pouvez aussi passer par l’annuaire des boutiques, construit sur les mêmes données publiques. Contrôlez quatre points : l’entreprise existe, elle est administrativement active, son nom correspond à celui des mentions légales, et son activité déclarée a un rapport avec ce qu’elle vend. Une date de création très récente n’est pas rédhibitoire, mais elle appelle plus de prudence. Le guide lire les mentions légales d’un site marchand détaille chaque mention.
2. Regardez l’âge du nom de domaine
Les faux sites vivent peu de temps. L’âge du nom de domaine est donc une information précieuse. Le protocole RDAP, successeur du whois, renvoie pour la plupart des extensions les dates de création et d’expiration du domaine. Pour les noms en .fr, le serveur est rdap.nic.fr ; les données du titulaire ne sont publiées que pour les personnes morales.
Ce que vous cherchez :
- un domaine créé il y a quelques semaines alors que le site affiche « des milliers de clients satisfaits » ;
- un nom de domaine qui ne correspond ni à l’enseigne ni à la raison sociale des mentions légales ;
- une imitation d’une marque connue, avec un caractère changé ou une extension inhabituelle.
L’analyseur de boutique en ligne effectue cette interrogation RDAP pour vous et la met en regard des données Sirene de l’entreprise.
3. HTTPS : nécessaire, pas suffisant
Le cadenas du navigateur signifie que la connexion est chiffrée entre vous et le site. Il ne dit rien de l’honnêteté du vendeur : obtenir un certificat est gratuit et immédiat, y compris pour un escroc. Un site sans HTTPS sur ses pages de commande est à fuir ; un site avec HTTPS reste à vérifier.
4. Lisez les CGV, la rétractation, les retours et la livraison
Avant la commande, un vendeur à distance doit vous donner, de façon lisible : son identité et ses coordonnées (adresse géographique, téléphone, courriel), le prix total TTC avec les frais de livraison, la date ou le délai de livraison, les conditions du droit de rétractation et le coût de renvoi du bien, les garanties légales et les coordonnées du médiateur de la consommation. À défaut de date, la livraison doit intervenir au plus tard 30 jours après la commande.
Points à vérifier dans les conditions générales de vente :
- le délai de rétractation est d’au moins 14 jours calendaires après réception ; un site qui l’exclut sur des produits ordinaires est hors la loi ;
- qui paie le retour : le vendeur peut mettre les frais de renvoi à votre charge, mais il doit l’annoncer avant l’achat ;
- l’adresse de retour : une adresse hors Union européenne signifie souvent un retour coûteux et lent ;
- les délais de livraison annoncés : « 15 à 30 jours ouvrés » sans explication indique généralement une expédition depuis l’étranger.
5. Examinez les moyens de paiement
La carte bancaire est le moyen qui vous protège le mieux : une opération que vous n’avez pas autorisée peut être contestée auprès de votre banque pendant 13 mois. Un portefeuille électronique évite de transmettre votre numéro de carte au site. Les paiements en plusieurs fois sont des crédits à part entière, à lire comme tels.
Refusez de commander si le site n’accepte que le virement bancaire, les cryptomonnaies ou des cartes cadeaux : ces paiements sont quasi irrévocables et ne donnent lieu à aucune procédure de contestation auprès d’un intermédiaire. Le guide payer en ligne en sécurité détaille chaque mode de paiement.
6. Cherchez les avis là où ils existent, et lisez-les correctement
Deux familles de plateformes coexistent. Les plateformes ouvertes (Google, Trustpilot) acceptent l’avis de toute personne, cliente ou non. Les plateformes d’avis sollicités (Avis Vérifiés, Trusted Shops, Société des Avis Garantis) envoient une invitation après une commande réelle : l’avis prouve une transaction, mais c’est le vendeur qui choisit et paie le service.
La loi impose à tout site qui diffuse des avis d’indiquer s’ils font l’objet d’un contrôle, d’afficher la date de chaque avis et de préciser les critères de classement. Servez-vous de ces informations :
- regardez la répartition des notes et la date des avis, pas seulement la moyenne ;
- lisez d’abord les avis négatifs et les réponses du vendeur ;
- croisez au moins deux sources ; une boutique qui n’existe que sur sa propre page d’avis n’a pas d’avis vérifiables ;
- rapportez le volume d’avis à la taille de l’entreprise visible sur sa fiche.
Pour aller plus loin : reconnaître les faux avis.
7. Les signaux d’alerte qui doivent vous arrêter
- Prix très inférieurs au marché, remises permanentes de 70 % ou plus.
- Aucune adresse, ou une adresse introuvable dans les registres publics.
- Paiement par virement uniquement, ou demande de payer « hors plateforme ».
- Compte à rebours, « plus que 2 articles en stock », fenêtres insistantes.
- Photos de produits génériques, présentes sur des dizaines d’autres sites.
- Avis tous datés de la même semaine, tous à cinq étoiles, sans détail.
- Nom de domaine créé il y a quelques semaines.
- Service client joignable uniquement par formulaire.
Un seul de ces signaux justifie de vérifier davantage. Plusieurs signaux réunis justifient de renoncer.
8. Les outils publics à connaître
- SignalConso, le service de la DGCCRF, permet de signaler un problème rencontré avec une entreprise ; l’entreprise est informée et peut répondre, et la DGCCRF intervient si nécessaire. Vous pouvez aussi y poser une question avant d’acheter.
- Info Escroqueries (0 805 805 817) renseigne les victimes et les personnes qui ont un doute.
- Thésée permet de déposer plainte en ligne après un achat sur un faux site, et Perceval de signaler une fraude à la carte bancaire.
Les sites communautaires de recensement d’arnaques donnent des indices, mais ils ne sont ni officiels ni exhaustifs. En cas de problème après l’achat, suivez le guide litige avec une boutique : que faire.
À retenir
- Sans mentions légales complètes et sans SIREN vérifiable, n’achetez pas.
- Vérifiez l’âge du nom de domaine : un site récent qui promet beaucoup mérite la méfiance.
- Le HTTPS protège la connexion, pas votre argent.
- Lisez les CGV sur trois points : rétractation, frais de retour, délai de livraison.
- Payez par carte ou via un portefeuille électronique ; jamais par virement à un inconnu.
Sources
- Mentions obligatoires d’un site internet (Service-Public F37351)
- LCEN, article 1-1 (Légifrance)
- Consulter la base Sirene (Insee)
- Numéro de TVA intracommunautaire (Service-Public F23570)
- RDAP et noms de domaine (Afnic)
- Informations précontractuelles, achat à distance (Service-Public F10483)
- Droit de rétractation (Service-Public F10485)
- SignalConso (DGCCRF)
Sources officielles consultées
- Mentions obligatoires d'un site internet (Service-Public F37351)
- LCEN, article 1-1 (Légifrance)
- Consulter la base Sirene (Insee)
- Numéro de TVA intracommunautaire (Service-Public F23570)
- RDAP et noms de domaine (Afnic)
- Informations précontractuelles, achat à distance (Service-Public F10483)
- Droit de rétractation (Service-Public F10485)
- SignalConso (DGCCRF)